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Oct
06

Villa et tombe romaines de Warzée

La tombe

Pendant la deuxième guerre mondiale, lors de travaux de drainage, monsieur Joseph Reginster tombe par hasard sur des fragments de poteries. Passionné d’histoire, monsieur Reginster  entre en relation avec monsieur Destexhe, directeur du cercle des chercheurs de la Wallonie. Ce dernier, accompagné de monsieur Haeck, se rend sur place en octobre 1959. La prospection du lieu (prairie cadastrée B n° 169 G) fait découvrir un « tumulus » belgo-romain aménagé en terre libre de 1,75m de long ; 1,35m de large et 0,90m de profondeur maximum.

 

Des restes d’incinération apparaissent sous la forme de charbons de bois et de petits fragments d’os calcinés sont exhumés en même temps qu’un mobilier funéraire très conséquent  puisqu’il comporte 21 objets dont la plupart sont le produit d’une poterie remarquablement façonnée. La pièce maîtresse de ce mobilier funéraire est une cruche en verre émaillé munie d’une anse. Tandis que son bord supérieur est garni d’un filet bleu, la pause d’un ton verdâtre s’orne d’une fonte de frise et d’émail blanc très précieux (Voir photo de l’article « Warzée, au temps des Gallo-Romains »).
La poterie du IIème siècle de notre ère est notamment représentée par trois importantes cruches en terre cuite, deux soucoupes en terre brune, deux plats et deux grands bols en terre grise dont un est orné de barres parallèles. Parmi quatre tasses, on en remarque une munie d’une anse et qui présente de vives analogies avec le spécimen retrouvé dans la nécropole de l’âge du fer à Saint-Vincent (France). Un très joli vase noir, couvert d’un vernis métallique et orné de six bandes guillochées, accompagne deux petits vases à bossettes également guillochés et vernissés. Une  hache de fer, intacte, et qui fut pourvue d’un manche comme l’indiquent les traces de fibres de hêtre encore piquées sur le métal permet d’établir un certain rapport avec la profession du défunt.  Deux pièces de monnaie en bronze très abîmées et illisibles font partie du « trésor ».

La villa

En répandant des taupinières au printemps 1960, monsieur Reginster remarque une place où la terre est noire.  Il effectue un sondage dans cette cuvette de 10 m sur 8 environ et trouve des tessons de poterie mélangés avec des morceaux de tuiles dont certaines portent le nom de leur fabriquant et d’autres objets dont la fameuse pièce de monnaie frappée à l’effigie de Caracalla, empereur romain ayant régné au début du III ème siècle de notre ère. Monsieur André Reginster, son fils, conserve précieusement chez lui, dans une vitrine, les différents objets trouvés. Parmi eux se trouvent même des dents d’animaux (cheval, cochon, vache) et plus curieusement encore, des aiguilles en os, ce qui laisserait supposer, que Warzée aurait été occupé bien avant le IIème siècle de notre ère. Une datation au carbone 14 permettrait sans doute de trancher la question.

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